REFED renforce les capacités de 30 acteurs locaux sur les VBG dans la préfecture de Tône

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Le mardi 11 novembre 2025, le Réseau des Femmes et Développement (REFED) a organisé à Dapaong un atelier de formation d’une journée dédié au renforcement des capacités de 10 Organisations à Base Communautaire (OBC), 10 groupements de femmes et 10 sociétés privées sur les violences basées sur le genre (VBG). Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement des mécanismes de prévention pour une meilleure prise en charge intégrée des cas de VBG dans les quatre communes de la préfecture de Tône », mis en œuvre par le REFED et financé par Speak Up Africa, à travers l’initiative Voix EssentiELLES.

Cet atelier répond à un besoin essentiel : celui de doter les acteurs de proximité communautaires, associatifs et privés d’outils, de connaissances et de réflexes pratiques pour prévenir les VBG, identifier les survivantes, orienter les cas et contribuer à des environnements sociaux plus sûrs. Dans une région particulièrement exposée à la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles, cette initiative représente une avancée significative vers la consolidation d’un réseau local de protection.

Une diversité d’acteurs réunis autour de la lutte contre les VBG

La formation a réuni 30 participant·e·s, représentant une diversité d’acteurs essentiels au fonctionnement des communautés locales :

  • 10 Organisations à Base Communautaire, proches des réalités du terrain et en contact direct avec les populations ;

  • 10 groupements de femmes, moteurs de sensibilisation, de mobilisation et de solidarité communautaire ;

  • 10 entreprises privées, désormais reconnues comme partenaires stratégiques dans la prévention et la protection contre les VBG, notamment dans les milieux professionnels.

Cette diversité de profils traduit la volonté du REFED d’étendre la lutte contre les VBG au-delà du secteur associatif traditionnel. En intégrant le secteur privé et les organisations communautaires, le réseau consolide une approche multisectorielle capable de faire progresser les normes sociales, les comportements et les pratiques institutionnelles.

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Une journée d’apprentissage, d’échanges et de réflexion participative

L’atelier s’est déroulé dans une ambiance dynamique et participative. La méthodologie adoptée par les facilitatrices a privilégié l’interaction, l’analyse de cas réels, les discussions en groupe et l’expression des préoccupations spécifiques de chaque secteur représenté. Cette approche a permis d’adapter les contenus aux réalités du terrain, tout en renforçant l’appropriation des concepts.

Quatre modules principaux ont structuré la journée :

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1. Comprendre les VBG : formes, causes, manifestations et impacts

Ce module introductif a permis de rappeler les différentes formes de VBG : violences physiques, psychologiques, économiques, sexuelles, mariages forcés, harcèlement, exploitation, discriminations, etc. Les participants ont identifié les causes profondes qui alimentent ces violences : normes sociales inégalitaires, stéréotypes, dépendance économique des femmes, méconnaissance des droits, silence social, impunité, entre autres.

Les échanges ont également porté sur les conséquences multidimensionnelles des VBG :

  • impacts sur la santé physique et mentale ;

  • répercussions sociales comme la stigmatisation, le rejet ou la marginalisation ;

  • effets économiques, notamment la perte d’autonomie ou l’incapacité a travaillé ;

  • ruptures familiales ou conflits communautaires.

Le module a permis d’appréhender les VBG non seulement comme un problème social, mais comme un enjeu de santé publique, de développement et de droits humains.


2. Le cadre légal et institutionnel de lutte contre les VBG au Togo

Ce second module a apporté des clarifications essentielles sur les textes et lois existants au Togo :

  • le Code pénal et les sanctions relatives aux violences ;

  • les dispositifs de protection prévus par le Code des personnes et de la famille ;

  • les services institutionnels compétents : affaires sociales, santé, sécurité, justice, etc.
    Les participant·e·s ont également exploré les engagements internationaux du Togo en matière de droits des femmes, comme la CEDEF ou la Déclaration de Maputo.

Pour de nombreux acteurs privés présents, ce module a été particulièrement éclairant, car il a permis de comprendre les obligations légales des entreprises, notamment en matière de protection des femmes sur le lieu de travail et de prévention du harcèlement.


3. Les mécanismes de signalement, de référencement et de prise en charge

Le troisième module, très pratique, a exposé les mécanismes de signalement disponibles dans la préfecture de Tône, ainsi que les étapes du référencement communautaire. Les participants ont appris :

  • comment accueillir une survivante de manière sécurisée et non stigmatisante ;

  • quelles sont les structures existantes pour les soins médicaux, le soutien psychosocial, l’assistance juridique ou la protection sociale ;

  • comment orienter les cas en garantissant la confidentialité et la sécurité ;

  • quelles sont les procédures de collecte et de transmission d’informations sensibles.

Cette partie a mis en avant le rôle crucial des relais communautaires et des structures locales dans la première ligne de réponse.


4. Engagement des OBC, des groupements et des entreprises dans la prévention et le plaidoyer

Le dernier module a insisté sur la dimension collective et multisectorielle de la lutte contre les VBG. Les participants ont discuté des responsabilités de chacun dans :

  • la promotion des droits des femmes ;

  • l’organisation régulière de sensibilisations communautaires ;

  • la surveillance des situations de vulnérabilité ;

  • le renforcement du dialogue au niveau local ;

  • la création d’un environnement professionnel sécurisant pour les femmes.

Les entreprises ont particulièrement apprécié la partie sur les bonnes pratiques à adopter dans les milieux professionnels : mécanismes d’alerte internes, sensibilisations des employé·e·s, procédures contre le harcèlement, etc.

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Des échanges fructueux et une mobilisation renforcée

Au terme des travaux, les participants ont unanimement salué la qualité de la formation, tant sur le fond que sur la méthode. Beaucoup ont souligné avoir désormais une compréhension plus précise des enjeux liés aux VBG et des outils disponibles pour mieux accompagner les survivantes.

Plusieurs engagements forts ont été pris, dont :

  • L’organisation de séances de sensibilisation dans les villages, notamment par les groupements de femmes et les OBC, afin d’informer les communautés de leurs droits et des recours disponibles.

  • La mise en place de mécanismes de collaboration plus structurés entre les entreprises locales, les associations et les services sociaux, pour assurer un référencement rapide et efficace des cas.

  • Le renforcement de l’écoute et du signalement au sein des entreprises, un secteur souvent peu impliqué, mais fortement concerné par les violences et le harcèlement.

  • La création de réseaux locaux d’alerte, afin de faciliter la communication et la coordination dans la prise en charge.

Ces engagements démontrent l’impact direct de la formation, mais surtout la volonté collective de devenir des acteurs de changement.

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Une étape clé dans la lutte communautaire contre les VBG

La tenue de cet atelier marque une avancée majeure dans la lutte contre les VBG dans la préfecture de Tône. Grâce au soutien de Speak Up Africa et de l’initiative Voix EssentiELLES, le REFED renforce la capacité des acteurs locaux à agir de manière autonome, responsable et collaborative.

La lutte contre les violences basées sur le genre exige une mobilisation constante, une connaissance approfondie des outils et un engagement personnel de chaque acteur. À travers cette formation, le REFED contribue à bâtir une communauté plus informée, plus vigilante et plus engagée dans la protection des femmes et des filles.