Les acteurs de la prise en charge des VBG formés au protocole national à Dapaong

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 L'hôtel Oméga de Dapaong a accueilli une session de renforcement des capacités destinée aux professionnels impliqués dans la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (VBG). Cette rencontre stratégique a rassemblé 35 participants dont 12 femmes, issus de différents secteurs clés : santé, justice, action sociale, sécurité et le One Stop Center de Dapaong.
L’objectif principal de cette formation était de permettre aux acteurs de terrain de mieux s’approprier le protocole national de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre adopté en 2023 au Togo. Ce cadre de référence vise à harmoniser les pratiques et à améliorer la qualité des services offerts aux victimes.
Organisée dans le cadre du projet de renforcement des mécanismes de prévention et de prise en charge intégrée des violences basées sur le genre dans la région des Savanes, cette activité marque une étape importante dans la lutte contre les VBG dans le nord du Togo.

Une formation pour améliorer la prise en charge holistique des victimes

Durant deux jours d’échanges et de travaux pratiques, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les outils et les procédures permettant d’assurer une prise en charge complète et coordonnée des victimes de violences basées sur le genre.
Au cœur des discussions figurait le paquet minimum de services destiné aux victimes, un ensemble d’interventions essentielles qui inclut :

  • la prise en charge médicale des victimes ;

  • le soutien psychosocial ;

  • l’accompagnement juridique et judiciaire ;

  • l’orientation vers réinsertion socioéconomique.

L’approche adoptée lors de cette formation a mis l’accent sur la dimension holistique de la prise en charge, qui consiste à considérer la victime dans toutes les dimensions de sa situation : santé physique, bien-être psychologique, protection sociale et accès à la justice.
Cette approche globale permet d’éviter les ruptures dans la chaîne de prise en charge et garantit une meilleure protection des victimes.

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La coordination intersectorielle au cœur de la lutte contre les VBG

Un autre point central de la formation a porté sur l’importance de la coordination entre les différents acteurs intervenant dans la gestion des cas de violences basées sur le genre.
Dans de nombreuses situations, les victimes doivent interagir avec plusieurs services : structures sanitaires, services sociaux, forces de sécurité et autorités judiciaires. Sans coordination efficace, ces interactions peuvent entraîner des retards dans la prise en charge ou une revictimisation des personnes concernées.
Les participants ont ainsi travaillé sur des mécanismes permettant d’améliorer la collaboration entre les différentes institutions. L’objectif est de garantir un parcours de prise en charge fluide, rapide et sécurisé pour les victimes.
Cette coordination est particulièrement essentielle dans la région des Savanes, où les défis liés à l’accès aux services et à l’information peuvent rendre la prise en charge plus complexe.

Une pédagogie interactive pour comprendre les inégalités de genre

La formation s’est appuyée sur une approche participative favorisant les échanges d’expériences entre les professionnels présents. À travers des études de cas, des travaux de groupe et des discussions ouvertes, les participants ont pu analyser les différentes formes d’inégalités de genre qui persistent dans les communautés.
Ces exercices ont permis de mieux comprendre :

  • les causes profondes des violences basées sur le genre ;

  • les impacts spécifiques des VBG sur les filles et les femmes ;

  • les obstacles rencontrés par les survivantes dans l’accès aux services.

Les participants ont également exploré les conséquences sociales, psychologiques et économiques des violences, qui affectent non seulement les victimes mais aussi leurs familles et leurs communautés.
Cette réflexion collective a contribué à renforcer la compréhension des enjeux liés aux VBG et à promouvoir des réponses adaptées aux réalités du terrain.

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Les principes fondamentaux d’une prise en charge respectueuse des victimes

L’un des axes majeurs de cette session de renforcement des capacités a été consacré aux principes fondamentaux qui doivent guider toute intervention auprès des victimes de violences basées sur le genre.

Ces principes incluent notamment :

  • la sécurité des victimes et des dénonciateurs ;

  • la confidentialité des informations ;

  • le respect de la dignité et de l’intégrité des victimes ;

  • la non-discrimination ;

  • la prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Ces principes constituent un socle indispensable pour garantir une prise en charge éthique et efficace des victimes. Ils visent à protéger les victimes contre toute forme de stigmatisation ou de revictimisation, tout en favorisant leur accès aux services de soutien.
Les participants ont ainsi été sensibilisés à l’importance de respecter ces standards dans toutes les étapes de la prise en charge, depuis l’accueil de la victime jusqu’à l’orientation vers les services spécialisés.

Les forces de sécurité engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre

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La participation des forces de sécurité à cette session de formation témoigne de leur engagement croissant dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

À l’issue de la formation, le commandant de la compagnie d’intervention de Dapaong a salué l’importance de cette initiative :

« C’est un réel privilège pour nous de prendre part à cette rencontre. Face à l’évolution constante des besoins de nos populations, l’adaptation est un impératif. Ces deux jours de travaux nous ont permis de mettre à jour nos connaissances théoriques et pratiques. »

Il a également souligné que les commandants d’unités disposent déjà d’une solide expérience de terrain, mais que cette formation constitue un complément essentiel pour répondre plus efficacement aux défis liés aux violences basées sur le genre.
Dans cette dynamique, les responsables présents se sont engagés à organiser des séances de restitution au sein de leurs unités afin de partager les connaissances acquises avec leurs collègues.
Cet engagement permettra d’élargir l’impact de la formation et de renforcer les capacités opérationnelles des acteurs de sécurité dans la gestion des cas de VBG.

Un projet pour renforcer la prévention et la prise en charge des VBG dans les Savanes

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet intitulé « Renforcement des mécanismes de prévention et de prise en charge intégrée de cas de violence basée sur le genre dans la région des Savanes ».

Ce projet est porté par Plan International Togo et mis en œuvre par le Réseau des Femmes pour le Développement (REFED), une organisation engagée dans la promotion des droits des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre dans la région des Savanes.

L’initiative bénéficie du soutien financier de GIZ et de Plan International Allemagne.

À travers ce projet, plusieurs actions sont mises en œuvre pour :

  • renforcer les capacités des acteurs institutionnels et communautaires ;

  • améliorer l’accès des survivantes aux services de prise en charge ;

  • sensibiliser les communautés sur la prévention des violences ;

  • promouvoir l’autonomisation des filles et des femmes.

Ces interventions contribuent à créer un environnement plus sûr et plus favorable à l’épanouissement des femmes et des filles dans la région des Savanes.

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Vers un renforcement durable des services de protection

La formation organisée à Dapaong constitue une étape importante dans le renforcement du système de protection contre les violences basées sur le genre au Togo.

En dotant les professionnels des services sociaux, sanitaires, judiciaires et sécuritaires d’outils actualisés et harmonisés, cette initiative contribue à améliorer la qualité des réponses apportées aux survivantes.

Au-delà de la formation, la mise en pratique des connaissances acquises sur le terrain sera déterminante pour garantir une prise en charge plus efficace, plus humaine et plus respectueuse des droits des victimes.

Dans un contexte où les violences basées sur le genre demeurent un défi majeur pour de nombreuses communautés, l’engagement des institutions publiques, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers reste essentiel pour renforcer la protection des femmes et des filles.