Le 12 novembre 2025, la salle de réunion du Séminaire des Aînés de Dapaong a servi de cadre à un atelier crucial consacré à la validation des données collectées sur les dynamiques de conflits dans la préfecture de Tône. Initiée dans le cadre du projet BRICS, cette rencontre a rassemblé une diversité d’acteurs : autorités préfectorales et communales, leaders communautaires (CCD), comités villageois de suivi des infrastructures, représentants du PURS et du CIPLEV, femmes leaders, organisations de jeunes, associations de personnes handicapées, agents de collecte de données et équipe projet (CDV-CDP-MEAL).
Cet atelier avait pour objectif principal de présenter, analyser et valider les données recueillies sur les tensions et les conflits dans la préfecture, afin d’alimenter la planification d’actions en faveur de la cohésion sociale et de la prévention des conflits.
Un cadre de dialogue pour une compréhension partagée des enjeux
Les travaux ont débuté par le mot de bienvenue du Chef projet, qui a rappelé l’importance de cette phase de validation dans le processus global du projet BRICS. Ce dernier a réaffirmé l’ambition du projet : comprendre les enjeux locaux liés aux conflits dans les zones d’intervention, afin que les actions entreprises contribuent à promouvoir la paix et non à exacerber les tensions existantes.
La préfecture de Tône, comme plusieurs localités de la région des Savanes, est particulièrement concernée par des dynamiques de conflits multiformes, ce qui rend l’analyse collective et la coconstruction de solutions incontournables.
Analyse de contexte : une préfecture confrontée à des tensions multiples
Une première présentation a permis de situer le contexte sécuritaire, social et économique de la préfecture de Tône. Les discussions ont mis en évidence plusieurs catégories de tensions :
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La pression sur les ressources naturelles : gestion des terres agricoles, accès à l’eau, partage des pâturages ;
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Les conflits intercommunautaires, souvent liés à la transhumance ou à la cohabitation entre populations autochtones et déplacées ;
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Les défis de gouvernance locale, notamment la marginalisation de certaines catégories sociales telles que les jeunes, les femmes ou les personnes handicapées ;
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La complexité des dynamiques sociales, influencées par les enjeux économiques, politiques et culturels.
Ces constats soulignent l’importance d’une approche multisectorielle et inclusive pour renforcer la cohésion sociale.
Présentation détaillée des données collectées
Le Chargé MEAL-Handicap International a ensuite présenté les résultats issus d’un processus de collecte rigoureux mêlant étude documentaire, enquêtes de terrain, entretiens individuels, discussions de groupes et analyse approfondie des données.
Les principaux types de conflits recensés :
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Conflits fonciers ;
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Tensions sociales et communautaires ;
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Conflits politiques ou liés à la gouvernance ;
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Affrontements économiques liés à l’exploitation ou au partage des ressources.
Les acteurs impliqués :
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Chefs traditionnels ;
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Autorités locales ;
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Agriculteurs et éleveurs ;
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Femmes et jeunes ;
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Leaders religieux ;
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Réfugiés et personnes déplacées internes (PDI).
Les zones les plus touchées :
Certaines localités de la préfecture ressortent comme particulièrement exposées aux tensions, nécessitant un suivi renforcé et des actions ciblées de prévention.
La qualité des données collectées constitue une base solide pour orienter les stratégies d’intervention et anticiper les risques de conflits.
Échanges participatifs et recommandations clés
Les discussions ont permis aux acteurs présents de partager leurs expériences, observations et propositions. Parmi les recommandations phares adoptées lors de l’atelier :
1. Renforcement des comités locaux de paix
Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des comités locaux de paix et de cohésion sociale, afin d'améliorer la veille communautaire et la gestion préventive des conflits.
2. Cadres permanents de concertation agriculteurs-éleveurs
La mise en place d’espaces de dialogue réguliers entre agriculteurs et éleveurs a été identifiée comme un mécanisme clé pour éviter les affrontements liés à la transhumance ou à l’accès aux ressources naturelles.
3. Appui aux mécanismes locaux de médiation
Les pratiques traditionnelles de médiation et d’arbitrage, déjà utilisées dans plusieurs communautés, doivent être renforcées et intégrées dans les stratégies locales de résolution pacifique des différends.
4. Participation accrue des jeunes et des femmes
Les participants ont recommandé de renforcer la participation des jeunes et des femmes dans les instances décisionnelles, les cadres de concertation et les initiatives communautaires, afin de garantir une gouvernance inclusive.
Ces recommandations constituent une feuille de route consensuelle pour améliorer la gestion des tensions dans la préfecture.
Clôture de l’atelier : un engagement renouvelé pour la paix
L’atelier s’est clos sur les mots de remerciement du représentant du préfet de Tône et du Chef projet BRICS. Tous deux ont salué la qualité des échanges, l’engagement des participants et la richesse des contributions. Ils ont réaffirmé la volonté des autorités locales et des partenaires du projet de travailler ensemble pour renforcer durablement la cohésion sociale et prévenir l’escalade des conflits.
Cette rencontre marque une étape essentielle dans la mise en œuvre du projet BRICS dans la préfecture de Tône. Grâce à une analyse approfondie des dynamiques de conflits et à des recommandations coconstruites avec les acteurs locaux, le projet dispose désormais d’une base stratégique solide pour orienter ses prochaines actions.