Chaque année, la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) mobilise les citoyen·nes, les autorités et les organisations engagées dans la lutte pour les droits des femmes. En 2025, la commune de Tône 1, dans la région des Savanes au Togo, a été le théâtre d’une mobilisation remarquable portée par le Réseau des Femmes et Développement (REFED).
À travers une série d’activités de sensibilisation, des rencontres institutionnelles et une forte présence communautaire, le REFED a rappelé un message central : tolérance zéro face aux VBG.
Renforcer la lutte contre les VBG : un engagement visible dès les premiers jours
Pour lancer les 16 jours d’activisme, l’équipe du REFED composée de femmes engagées, de jeunes mobilisateurs et d’hommes alliés a entamé une tournée stratégique dans les institutions locales.
Cette approche vise à renforcer la collaboration avec les autorités publiques, indispensables au succès des initiatives de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Rencontre avec la Mairie de Tône 1
La première étape fut une visite officielle à la Mairie de Tône 1, où le REFED a été chaleureusement accueilli par Madame le Maire et ses adjoints.
Les discussions ont porté sur l’importance d’inscrire la lutte contre les VBG au cœur de l’action municipale. Le REFED a rappelé que les autorités locales jouent un rôle essentiel dans la coordination des réponses communautaires, la prise en charge des victimes et la promotion d’un environnement sûr pour toutes et tous.
Échanges avec la Préfecture de Tône
La délégation a ensuite été reçue par le Secrétaire Général de la Préfecture, représentant le Préfet de Tône.
Ici encore, l’équipe a insisté sur la nécessité d’une tolérance zéro et d’une dénonciation systématique des violences. Le REFED a mis en avant les défis spécifiques de la préfecture, notamment la faible dénonciation des cas liée à la peur, au silence social et à la stigmatisation.
Les autorités ont salué cette initiative et ont promis un appui constant dans la lutte contre les VBG.
Une sensibilisation de proximité au cœur des espaces publics
L’un des temps forts de cette campagne a été la sensibilisation communautaire en pleine rue, dans les lieux de forte affluence, notamment aux feux tricolores de Tône.
L’objectif : atteindre un large public, sensibiliser les citoyen·nes directement dans leur quotidien et rendre les messages accessibles à toutes et tous.
Des messages clairs, directs et percutants
À l’aide de mégaphones, d’affiches, de panneaux et de t-shirts aux couleurs de la campagne “Orangeons le monde”, les membres du REFED ont diffusé des messages forts :
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“STOP aux VBG !”
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“Les violences ne doivent jamais être tolérées.”
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“Chaque cas de violence doit être dénoncé.”
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“Protégeons les femmes et les filles.”
Cette approche de proximité a permis de lever le voile sur les réalités des violences vécues dans la communauté. Les piétons, conducteurs de taxi-moto, commerçants et habitants ont été touchés par la force des messages et par l’engagement de l’équipe.
Un public réceptif et engagé
Les populations ont montré un vif intérêt pour les actions du REFED.
Beaucoup ont posé des questions pratiques :
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Où dénoncer un cas de violence ?
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Comment soutenir une victime ?
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Quels sont les numéros ou structures d’urgence disponibles ?
Certains ont également partagé leurs préoccupations et expériences, faisant ainsi de cette campagne un espace de dialogue et de libération de la parole.
Une campagne qui crée un impact durable
Au-delà de la sensibilisation, les activités menées par le REFED ont permis de renforcer plusieurs dimensions essentielles dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
1. Renforcement de la collaboration institutionnelle
Les rencontres avec les autorités locales ont consolidé les relations entre le REFED, la Mairie et la Préfecture.
Cette coopération est cruciale pour :
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améliorer la prise en charge des survivantes,
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faciliter les signalements,
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appuyer les initiatives communautaires,
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promouvoir l’égalité de genre dans les politiques locales.
2. Éveil des consciences et changement de comportements
Les actions menées dans les espaces publics ont contribué à déconstruire les idées reçues et à encourager les témoins à agir.
Le REFED a rappelé que chacun·e, quel que soit son statut, peut devenir un acteur de changement.
3. Accessibilité de l’information
En allant vers les populations, l’équipe a permis à des centaines de personnes d’accéder à des informations essentielles sur :
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les types de violences,
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les mécanismes d’alerte,
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les droits des survivantes,
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les structures locales d’accompagnement.
4. Renforcement de la visibilité de la campagne des 16 jours d’activisme
Cette présence active dans la commune a donné une grande visibilité à la campagne, permettant d’ancrer les messages dans les mentalités et de prolonger l’impact au-delà des 16 jours.
Un moment fort pour l’engagement communautaire à Tône 1
La mobilisation du REFED durant les 16 jours d’activisme contre les VBG dans la commune de Tône 1 marque un tournant important.
Les échanges constructifs avec les autorités, la sensibilisation massive sur le terrain et le retour positif des populations démontrent que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles est une cause désormais partagée.
Le REFED a su prouver que l’action communautaire, lorsqu’elle est portée par des femmes leaders, des jeunes engagés et des hommes alliés, peut générer un réel changement.
Conclusion : Ensemble, continuer la lutte au-delà des 16 jours
Si les 16 jours d’activisme constituent une période intense, la lutte contre les VBG doit se poursuivre chaque jour.
Le REFED en est pleinement conscient et reste déterminé à œuvrer pour :
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la protection des femmes et des filles,
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la fin de l’impunité,
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la sensibilisation continue,
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le renforcement des mécanismes de signalement,
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l’accompagnement des survivantes.
À Tône 1, cette campagne a été plus qu’une série d’actions : elle a été un appel collectif à la conscience, un engagement profond pour bâtir une société où les droits humains sont respectés, où la dignité est protégée et où les violences basées sur le genre n’ont plus leur place.