La sécurisation du foncier demeure un défi majeur pour le développement local, la prévention des conflits et la cohésion sociale au Togo. Dans la préfecture de Tône, cette ambition franchit une nouvelle étape grâce à l'engagement conjoint des autorités administratives, communales et traditionnelles en faveur d'une gouvernance foncière plus inclusive.
Réunis à l'initiative du Réseau des Femmes et Développement (REFED) dans le cadre du projet « Implication des communes dans la prévention et la prise en compte du genre dans la préfecture de Tône », les principaux décideurs locaux ont réaffirmé leur volonté d'accélérer la mise en place des Comités de Gestion Foncière (CGFC) dans les onze cantons de la préfecture et de garantir une participation effective des femmes au sein de ces instances.
Au-delà d'une simple rencontre de sensibilisation, cet atelier de plaidoyer marque une étape décisive dans la construction d'une gouvernance foncière plus transparente, plus participative et davantage orientée vers la prévention durable des conflits.
Une mobilisation des décideurs au service d'une gouvernance foncière durable
Organisé le 15 juillet 2026 à Dapaong, l'atelier a réuni le préfet de Tône, les maires des communes de Tône 1 et Tône 3, les onze chefs de canton, des représentants des collectivités territoriales, quatre facilitatrices communautaires ainsi que l'équipe du REFED.
Cette forte mobilisation traduit une prise de conscience collective : la gestion du foncier ne peut plus reposer uniquement sur les mécanismes traditionnels. Elle nécessite désormais des cadres de concertation capables d'associer l'ensemble des acteurs locaux afin de prévenir les tensions, sécuriser les droits fonciers et accompagner le développement des territoires.
Dès l'ouverture des travaux, les différentes interventions ont convergé vers un même objectif : faire des comités de gestion foncière des instruments de dialogue, de médiation et de gouvernance au service des communautés.
Les femmes, des actrices incontournables de la gouvernance foncière
L'un des messages forts portés par le REFED concerne la place des femmes dans la gestion des ressources foncières.
Malgré leur contribution essentielle à l'agriculture familiale, à la sécurité alimentaire et au développement économique local, les femmes demeurent encore faiblement représentées dans les espaces où sont prises les décisions relatives au foncier.
Pour le REFED, cette réalité constitue un frein au développement inclusif.
L'organisation a ainsi plaidé pour une participation pleine et entière des femmes dans les futurs comités de gestion foncière, convaincue qu'une gouvernance équilibrée favorise non seulement une meilleure gestion des terres, mais également une réduction durable des conflits et un renforcement de la cohésion sociale.
Cette approche s'inscrit dans une vision où l'égalité de genre devient un levier de bonne gouvernance territoriale.
Les Comités de Gestion Foncière, un mécanisme de prévention des conflits
Les échanges techniques ont permis aux participants de mieux cerner les responsabilités des futurs comités de gestion foncière.
Ces structures auront notamment pour mission de faciliter le dialogue entre les communautés, d'accompagner la gestion locale des questions foncières, de contribuer à la prévention des litiges et d'encourager une gouvernance plus participative.
Les discussions ont également porté sur les rôles respectifs des autorités administratives, communales et coutumières dans l'installation et le fonctionnement de ces comités.
Les participants ont partagé leurs expériences, identifié les principaux défis rencontrés dans leurs localités et formulé plusieurs pistes d'action pour renforcer la gouvernance foncière au niveau communautaire.
Des engagements concrets pour les onze cantons de la préfecture de Tône
L'un des principaux acquis de l'atelier réside dans les engagements pris par les autorités présentes.
À l'issue des travaux, les onze chefs de canton, le préfet de Tône, les maires des communes concernées ainsi que les représentants des collectivités locales ont adopté un plan d'action définissant les prochaines étapes de mise en place des comités de gestion foncière dans chacun des onze cantons.
Ils ont également signé un engagement collectif réaffirmant leur volonté de soutenir activement ce processus et de promouvoir une représentation significative des femmes au sein des futurs comités.
Cette dynamique traduit une volonté commune de faire évoluer durablement les pratiques de gouvernance foncière dans la préfecture.
Une feuille de route pour transformer les engagements en actions
Le plan d'action élaboré au cours de l'atelier prévoit le lancement progressif des campagnes de sensibilisation communautaire ainsi que l'installation des comités de gestion foncière dans l'ensemble des cantons de la préfecture.
Ces activités seront conduites en étroite collaboration avec les autorités locales, les chefs traditionnels et les communautés, afin de garantir une appropriation collective du processus.
Le REFED accompagnera cette phase opérationnelle par un suivi de proximité destiné à faciliter la mise en œuvre des engagements pris et à renforcer l'implication des différents acteurs.
Une avancée majeure pour la gouvernance foncière locale
Au terme de cette journée de plaidoyer, plusieurs résultats majeurs ont été enregistrés.
Les autorités locales disposent désormais d'une compréhension renforcée des enjeux liés aux comités de gestion foncière et de leur rôle dans la prévention des conflits.
La nécessité d'intégrer les femmes dans les mécanismes locaux de gouvernance a été largement reconnue et partagée par l'ensemble des participants.
Enfin, l'adoption d'une feuille de route commune constitue un signal fort en faveur d'une gouvernance foncière plus efficace, plus inclusive et plus proche des réalités des communautés.
Le REFED confirme son rôle d'acteur clé de la gouvernance locale au Togo
À travers cette initiative, le Réseau des femmes et développement (REFED) confirme son engagement en faveur du renforcement de la gouvernance locale, de la prévention des conflits et de la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes.
En créant un espace de dialogue entre autorités administratives, collectivités territoriales, chefferies traditionnelles et communautés, le REFED contribue à bâtir les conditions d'une gestion foncière plus transparente et plus participative.
L'engagement collectif obtenu lors de cet atelier constitue une base solide pour accélérer la mise en place des comités de gestion foncière dans les onze cantons de la préfecture de Tône. Il ouvre également la voie à une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision, condition essentielle pour construire une gouvernance foncière durable, équitable et résiliente au service du développement local.